Petite chronique série sur la saison 2 de The Tudors. Le coffret des deux premières saisons a éclairé mes journées d'hiver. Cette série est un bon moyen d'en connaître un peu plus sur l'histoire d'Angleterre, voire même pour moi de s'y interesser ! A la fin de la saison 1, le cardinal Wolsey (l'excellent Sam Neill, cette robe de cardinal et ce personnage lui vont si bien), qui a été déchu, monte un complot avec la reine Catherine d'Aragon. Son projet découvert, il est emprisonné et finit par se suicider. Henri VIII n'obtient toujours pas satisfaction pour son divorce et est impatient d'épouser Anne Boleyn qui l'a initié aux idées nouvelles.
Le début de cette nouvelle saison est mené tambour battant. Henri VIII se fait nommer chef suprême de l'Eglise et du Clergé d'Angleterre et nomme son aumônier personnel un ecclésiastique obscur, Thomas Cranmer, que lui a présenté Cromwell et qui est favorable à la Réforme. Charles Brandon quant à lui commence à retourner sa veste, il prend conscience du sort réservé à la reine Catherine d'Aragon et passe dans son camp. Pendant ce temps au Vatican, le Pape Paul III (le machiavélique Peter O'Toole) se demande concrètement pourquoi personne n'a songé à éliminer Anne Boleyn pour résoudre le problème. L'ambassadeur de Charles Quint à la cour d'Angleterre s'emploie donc à cette tâche...Une ambiance noire règne, sur fond d'assassinat et d'empoisonnement. Le père d'Anne Boleyn tente d'ailleurs d'empoisonner le Cardinal Fisher qui combat en faveur de Catherine d'Aragon et fait obstacle au divorce.
Henri emmène Anne Boleyn en France mais la femme de François 1er refuse de la recevoir. Elle doit se contenter de voir François 1er qui en tête-à-tête l'avertit qu'elle s'aventure sur un chemin dangereux en devenant reine. Un meurtrier masqué envoyé par l'ambassadeur espagnol tente d'assassiner Anne Boleyn à la cour de France mais échoue. Henri VIII et Anne consomme alors entièrement leur relation (le roi a le droit de jouir cette fois) et la fameuse phrase leitmotiv est lâchée ("Now, my love, let me conceive, and you will have a son!", le terme conceive est primordial). Henri nomme Thomas Cranmer, son aumônier, archevêque de Canterbury. Il donne à Anne le titre de marquise de Pembroke et l'épouse en secret sans attendre l'annulation de son mariage par le pape (ils ont consommés donc c'est mieux de se marier). Anne tombe enceinte et est couronné à Londres. Mais déception, c'est une fille, Elisabeth (la future Elisabeth Ière qui a ouvert la période élisabethaine). La distance s'installe entre le roi (déçu) et Anne Boleyn. Anne Boleyn est bien seule dans le grand lit royal. Henri va voir ailleurs.
Henri veut que les enfants d'Anne Boleyn soient les seuls à pouvoir prétendre au trône et ordonne que tous ses sujets, sous peine de mort, prêtent un serment reconnaissant son mariage avec Anne et sa suprématie dans tous les sujets (donc en matière religieuse). Thomas More, qui a démissionné de son poste de chancelier et a été remplacé par Cromwell, refuse de prêter serment ainsi que le cardinal Fisher. Ils sont emprisonnés dans la tour de Londres et refusent obstinément de prêter allégeance. Je ne connaissais pas du tout la vie de Thomas More : je ne savait pas qu'il était un catholique fervent et intransigeant et qu'il avait même brûlé des hérétiques ! Il était vraiment fanatique.
Henri multiplie les aventures même si Anne essaie de le contrôler en lui choisissant ses maîtresses. Elle est de plus en plus jalouse et paranoïaque d'autant qu'elle fait une fausse couche. Henri VIII est excommunié par le Pape et Cromwell s'occupe de la Réforme, la propageant et faisant fermer nombre d'institutions religieuses pour récupérer leurs biens au profit du roi. Anne fait des cauchemars (elle rêve de sa fin tragique) et se sent menacée par l'ancienne reine exilée, Catherine d'Aragon, et sa fille devenue illégitime, Marie (qui deviendra Marie Tudor).
Henri qui folâtre maintenant avec des prostituées rencontre Jane Seymour en rendant visite au père de celle-ci. Il la fait entrer à la cour comme dame d'honneur de la reine. Anne l'accueille avec froideur mais garde espoir car elle attend de nouveau un enfant (elle a réussi à attirer une dernière fois Henri dans son lit). Mais elle surprend le roi en train de courtiser Jane Seymour et suite au choc fait une fausse couche. Les Seymour sont de plus en plus en faveur à la cour tandis que le crédit d'Anne Boleyn diminue. Henri la rend responsable de la mort de Thomas More et songe à prendre une nouvelle femme suite à l'incapacité d'Anne Boleyn de lui donner une fils(comme Catherine, Anne était une erreur). Charles Brandon (qui attendait son heure pour faire éjecter Anne Boleyn qu'il déteste) émet la possibilité qu'Anne soit adultère. Il n'en faut pas plus à Henri VIII pour confier une enquête à Cromwell qui a intérêt à voir la reine tomber. En effet, elle se mêle de politique et critique sa façon de mener la Réforme, proposant que les biens pris aux institutions catholiques soit utilisés pour le peuple et non reversés dans les caisses du roi.
Les prétendus amants de la reine sont arrêtés, torturés et décapités une fois qu'ils ont reconnu leur crime, notamment Mark Smeaton, musicien de la cour, et le frère d'Anne Boleyn (accusation d'inceste). Les exécutions s'enchaînent sur le billot sanguinolant. La reine Anne et son père sont emprisonnés à la tour de Londres. Son père est libéré et conserve son comté. Il n'a pas une larme pour son fils ou sa fille (arriviste). L'éxécution de la reine est retardée : le bourreau de Calais qui doit la décapiter à l'épée (sort plus doux) est en retard. Une fois Anne Boleyn décapitée, le roi se sent renaître et demande Jane Seymour en mariage. Son mariage avec Anne est annulé par l'archevêque Cranmer (raison invoquée : le roi a couché avec la soeur d'Anne) et Elisabeth devient une enfant illégitime.
Avis sur cette saison (remarques pêle-mêle) : aussi passonnante que la première mais peut-être pas aussi intense. Le cardinal Wolsey, ses agressions contre les autres ecclésiastiques et ses machinations, manquent ! Henri VIII garde toujours ses tenues aussi (comment dire) originales et change un peu de coiffure : il est plus chevelu et barbu. Il s'avère toujours aussi spécial : roi fougeux, capricieux, il rejette les fautes sur certaines personne comme ça l'arrange et veut modeler la réalité suivant son bon vouloir. Il devient de plus en plus violent comme en témoignent ses coups de sang envers Catherine d'Aragon. Cependant, il est par moment émouvant quand il regrette la mort de son fidèle ami Thomas More puis celle de Catherine. Mais la clôture de la saison est troublante : durant tout le dernier épisode, Henri VIII admire des cygnes (croit-on) dans son jardin. En fait le cygne va finir dans son assiette lors du banquet final et la saison se termine sur Henri VIII mangeant goulument le cygne (Henry eats the Swan). Signe sans doute de ses emportements à venir et peut-être de son obésité...
Au niveau des autres personnages, j'aime toujours autant Charles Brandon (il faut dire que l'acteur est très beau) mais il est un peu moins marrant cette saison du fait de son mariage sérieux : il ne faute qu'une fois (!) et prend le parti de la reine, lui qui était libertin au départ. Enfin, il faut quand même avouer que dans cette saison, les scènes de sexe sont moins nombreuses voire moins crues (il m'a semblé). Cromwell de son côté devient de plus en plus puissant dans cette saison, il arrive à ses fins et Henri VIII se repose aveuglément sur lui. Il est l'éminence grise du pouvoir qui peut fait déchoir à tout moment quiconque s'oppose à lui. Son vrai but se révèle : il veut détruire l'Eglise. Anne Boleyn quant à elle devient de plus en plus paranoïaque, voire un peu folle à la fin. Malgré tout, je trouve ce personnage attachant. J'ai versé ma petite larme quand elle disparaît. Par contre, je n'ai pas aimé du tout l'entrée de Jane Seymour. En effet, il suffit d'un regard pour que le roi l'apprécie, c'est un peu court, et son personnage est fade. Elle est beaucoup moins entreprenante et mystérieuse qu'Anne Boleyn. On a l'impression qu'elle veut devenir reine mais ne fait rien pour. Elle est amoureuse du roi mais contient ses sentiments. Elle attend tranquillement qu'Anne chute sans rien faire pour précipiter sa fin. Elle est tapie dans l'ombre. Enfin, elle ne me plaît pas. Elle est trop passive et transparente. Anne Boleyn était nettement plus interessante. Le personnage de Marie, la fille de Catherine, ne m'inspire pas non plus. Elle est une catholique fervente et s'attache à défendre sa mère. Elle est trop rigide et ne veut pas faire de compromis. Enfin Peter O'Tolle compense un peu la perte de Sam Neill. Il est parfait en Pape machiavélique (voire diabolique) qui s'y connaît en machinations et stratagèmes : il propose de se débarasser d'Anne Boleyn, impose à François 1er (qui n'était pas venu le voir pour ça) d'attaquer l'Angleterre. A noter la disparition dans cette saison du musicien-chanteur Thomas Tallis et l'apparition du violoniste Mark Smeaton. Le poète Thomas Wyatt, qui était l'amant de jeunesse d'Anne Boleyn, échappe à la décapitation à la fin de la saison, sans doute car il est protégé par Cromwell.
Intrigues politiques et amoureuses sont donc encore au rendez-vous pour cette saison. J'attends avec impatience la prochaine où Cromwell devrait à son tour connaître la chute. Le pouvoir est dangereux, comme sur l'échiquier, personne ne reste longtemps au pouvoir à la cour d'Henri VIII...